3 Zéro : Zéro exclusion, Zéro carbone, Zéro pauvreté

L'année 2015 voit la communauté internationale prendre des engagements déterminants pour l'avenir de notre planète. À New York en septembre avec l'adoption par les Nations Unies d'un programme ambitieux de lutte contre la pauvreté à travers les Objectifs de développement durable, puis en décembre à Paris avec la perspective d'un accord sur le climat lors de la COP21.

Cette convergence de tous les acteurs et des agendas globaux, qui est au cœur de notre démarche depuis huit ans, doit être encore renforcée. Au-delà des décideurs internationaux, nous devons tous ensemble, en tant que citoyens, décideurs locaux, producteurs, consommateurs, œuvrer, sans cloisonnements ni préjugés, pour la construction d'un monde sans exclusion, sans carbone et sans pauvreté.

Zéro exclusion, Zéro carbone, Zéro pauvreté… Certes, mais encore ?

Cet objectif « Triple Zéro », qui peut paraître bien utopique, doit nous inciter à réfléchir et à agir ensemble pour répondre à l'injonction apparemment contradictoire que représente l'exigence d'un monde sans pauvreté, au Sud en particulier, et celle d'un monde sans carbone. C'est-à-dire répondre au défi de la pauvreté, qui touche encore une majeure partie de la population mondiale, grâce à une croissance forte et inclusive, non carbonée, frugale en matières premières et riche en développement personnel et collectif.

Ce nouveau modèle de croissance ne pourra être porté in fine que par l'innovation technique et sociétale. Cette innovation, qui bouleverse déjà des pans entiers de nos économies, et qui va bientôt bousculer nos sociétés, devra être elle-même inclusive. Il ne s'agit pas d'un défi mineur car, si elle porte notamment en elle des solutions à l'équation carbone/pauvreté, cette innovation génère aussi des changements et des déplacements de valeur considérables. Cette « destruction créatrice » risque d'être, si l'on n'y prend garde, profondément déstabilisante socialement.

Pour le climat et le carbone, nous sommes probablement « la dernière génération à pouvoir agir ». C'est une lourde responsabilité et un défi ! Nous sommes aussi la première génération à pouvoir, si nous le voulons réellement, agir au niveau global pour réduire drastiquement la pauvreté. Nous sommes enfin la première génération à devoir réfléchir sérieusement aux tenants et aboutissants d'une innovation qui nous fait passer sans grande transition de l'âge du carbone à l'âge de l'algorithme.

Le partage d'expériences, le décloisonnement des acteurs et une réflexion de fond sur l'innovation sont les conditions pour bâtir ce nouveau monde. Nous devons y travailler ensemble, et porter le message du « Triple Zéro » d'une voix forte. Avec modestie, réalisme et ambition.

J'adhère à la vision Triple Zero

M Mme